N°46 - ISO 26000 (fev 2011) - 07 Juillet 2011 | Exaris.fr

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Par où commencer ?

 

Dans ExarisInfo 40, il y a un an, nous vous traitions par anticipation de la norme ISO 26000 - Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale alors en fin de gestation. Sa publication début 2011 n’a pas pu vous échapper tant les médias professionnels voire grand public s’en sont fait l’écho.

Loin de nous l’idée de le déplorer, nous maintenons que cette norme marque un vrai progrès vers une meilleure lisibilité de notions trop souvent galvaudées.

Mais nous devons rappeler au passage que cette norme n’a pas été écrite à des fins de certification. Or un phénomène commercial prévisible se produit actuellement : à peine la norme est-elle parue qu’une multitude de prestations d’évaluation de votre « RSE » (responsabilité sociale et environnementale des entreprises) vous sont proposées par divers organismes.

Il est évidemment tentant de vouloir valoriser auprès de ses clients, des usagers, des consommateurs, du contribuable… les sincères efforts déployés pour contribuer à améliorer la bonne marche du monde.

Mais soyons sérieux : quelle signification pourrait avoir aujourd’hui une « évaluation ISO26000 », au doux parfum de certification qui ne peut pas dire son nom ? Quelle entreprise pourrait déjà prétendre en incarner suffisamment tous les principes pour évaluer d’autres professionnels ?

N’oublions pas que cette norme s’adresse à tous les pays de la planète, qui la liront chacun dans leur contexte. N’oublions pas non plus qu’il s’agit ici essentiellement de principes, de morale, de conscience, d’éthique, de connaissance … bref de vertu. Cette « évaluation » ne pourrait avoir de crédit en dehors d’un cadre harmonisé international.

Il reste probablement quelques étapes à franchir avant d’en arriver là. Alors, par où commencer s’agissant de la reconnaissance des efforts en matière de RSE ? Voici quelques suggestions, modestes mais durables, nous l’espérons.

 
 

1. Rappel : les définitions d’ISO26000

 

Rappelons les deux définitions retenues dans ExarisInfo 40 :

« 2.21 Développement durable

Développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

NOTE Ceci implique d’aborder les facteurs économiques, sociaux et environnementaux ainsi que leur interdépendance dans les activités et les prises de décision de l’organisation.

2.16 Responsabilité sociétale

Responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement, par un comportement transparent et éthique qui contribue au développement durable, à la santé et au bien-être de la société ; prend en compte les attentes des parties prenantes ; respecte les lois en vigueur et est en accord avec les normes internationales de comportement ; et qui est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations. »

Tentons une simplification : le développement durable serait la composante environnementale, dans sa dimension « nature, climat, ressources, biodiversité », d’un modèle de gouvernance responsable plus large, qui engloberait toutes les parties prenantes de l’organisation, ouvrant sur les composantes économique et sociale.

 
 

2. La composante environnementale

 

Raisonnons donc Système de management intégré (cf. ExarisInfo 40) : un premier pilier tout désigné de la norme ISO26000 serait la norme ISO14001. Il est en effet difficile de concevoir qu’une entreprise puisse se revendiquer d’avoir adopté les principes ISO26000 sans pour autant avoir mis en place un Système de management des impacts environnementaux tel que préconisé par ISO14001.

Une première étape ne serait-elle pas la mise en place d’un tel système, associée à la définition d’objectifs ambitieux ? Car en effet si la certification d’un système de management atteste de la mise en œuvre de moyens harmonisés, elle n’atteste pas de l’atteinte de résultats harmonisés !

Au-delà de ce socle « système » une multitude d’initiatives « produits » voit le jour ; qu’il s’agisse de démarches de filières (par ex : l’huile de palme certifiée RSPO) ou de démarches privées (par ex. « Acteurs pour un lait durable » de Danone France), la tendance est réelle, les entreprises s’engagent en réponse à une sensibilisation croissante du public. Il s’agit pour les professionnels de réduire durablement leur impact sur les écosystèmes et de valoriser cet engagement par des démarches crédibles et vérifiables.

De son côté le Bilan Carbone, et à la clef le calcul et l’affichage des émissions de Gaz à Effets de Serre de l’activité globale d’une entreprise, apparaît comme un gage de bonne foi, premier pas vers une prise en compte rationnelle de l’impact carbone, sans perdre de vue les réductions de coûts induites. A ce titre l’exemple de la filiale découpe et logistique de Buffalo Grill, BG Appro, est intéressant, qui à la suite de son Bilan Carbone, réalisé avec Exaris, engage un plan d’action sur l’optimisation des achats viande pour une réduction significative de  ses émissions.

Mais au-delà de l’écologie, ISO26000 s’étend très largement aux enjeux sociétaux…

 
 

3. La composante sociétale

 

Cette composante est certainement la plus délicate à aborder. Parce qu’elle fait référence à des concepts supérieurs tels que l’éthique et la vertu, d’une part; parce que les effets des initiatives vertueuses peuvent générer des effets collatéraux néfastes qui n’avaient pas été anticipés. Rappelons ici la dimension internationale de l’ISO26000 : pratiquer l’éthique et la vertu n’a pas la même signification dans tous les pays.

Toujours sous l’angle des normes, l’OHSAS 18001 permet de valoriser le système de management de la sécurité des hommes, dans lequel des contraintes plus strictes peuvent être injectées, sous forme de pré-requis imposés (plusieurs référentiels privés ont un succès sur ce créneau, tel que celui de Dupont de Nemours). Ne s’agit-il pas d’une première pierre vers la responsabilité sociale, sinon sociétale ? Les démarches des entreprises ayant recours à la fabrication à façon dans des pays à bas coût sont également une traduction d’une nécessité aujourd’hui évidente : le référencement des sous-traitants ne peut s’affranchir de critères éthiques. A ce titre il existe une norme, SA8000, constituant un bon socle de travail.

D’une certaine manière l’ISO22000 s’inscrit elle aussi dans cette dynamique ; la protection élevée du consommateur n’est pas encore une priorité pour toutes les entreprises partout dans le monde.

 
 

Conclusion

 

Nous revenons à cette idée : faire du développement durable et être socialement responsable n’est-ce pas simplement être capable de satisfaire toutes ses parties prenantes (cf. schéma ci-dessus) dans une recherche permanente d’équilibre ?

Dans une approche opérationnelle du sujet la notion de Système de Management Intégré nous paraît centrale : un engagement fort et clair de la direction (le « top management »), fondé sur des ressources adéquates (dimensionnement, compétences, moyens), pour la mise en place d’un système de management qui intègre la maîtrise de tous les risques opérationnels (sécurité des aliments & qualité, environnement, sécurité des salariés,…), les parties prenantes concernées par ces risques pouvant varier.

Il nous semble que ces bases sont un socle nécessaire pour construire une politique de Développement Durable robuste ; auditable, certifiable, reconnu, un tel SMI constitue le terreau idéal de démarches plus ambitieuses telles que celles évoquées plus haut.

Alors n’hésitez pas à nous contacter pour construire ou optimiser votre SMI (Système de Management Intégré), mener votre Bilan Carbone, et lancer durablement votre politique de développement durable !

 
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